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Publié par CRISTOL DENIS

Nombre de stages sont insuffisants pour répondre aux grands enjeux sociétaux du climat, des mutations numériques, du vivre ensemble, de l'inclusion sociale et de toutes les grandes causes humaines. Ce n'est pas parce que je vais suivre une initiation au développement durable que je vais devenir vertueux. Le changement de comportement affecte toutes mes habitudes et je n'en changerai pas en quelques heures.

De mon point de vue ce qui pèche dans les offres actuelles de formation c'est une focalisation sur des réponses techniques ou d'information relative aux domaines d'expertises, mais sans affecter en profondeur les croyances ou ébranler mes modes d'action.

Nous développons une offre ou le "savoir sur" c'est à dire la connaissance du sujet est élevée, je ne doute pas une seconde de la qualité des interventions des experts, par contre le "savoir pour", c'est à dire la capacité d'engagement des collectifs me semble à travailler au regard de l'importance des enjeux.

En savoir toujours plus techniquement sur la transition climatique ou numérique est insuffisant pour le passage à l'acte collectif. Nous savons tous ce qui se passe en matière de climat mais cela ne nous pousse pas à changer de comportements.

Je pose l'hypothèse que provoquer une action collective qui dépasse la seule responsabilité d'un expert identifié ou professionnel du Développement durable ou tout nos experts des grandes causes pour lutter contre le handicap, la lutte contre l'exclusion l'illettrisme, l'égalité entre les hommes et les femmes,  passe par une construction collective du savoir et des initiatives liées par les acteur des collectif. Sinon le numérique, le climatique, le handicap etc. restent des enjeux techniques qui pénétrent peu les autres fonctions des entreprises. "Un expert s'en occupe j'ai déjà beaucoup à faire avec mes tâches"

C'est la question de la transversalité qui ne se traite pas par plus d'expertise, (en systémique on dirait plus de la même chose du système ancien), mais par des approches différentes qui engagent les collectifs autour d'une vision partagée

La transformation attendue est pour moi la question d'introduire du nouveau dans les façons de faire, ce qu'on appelle "innovation" et qui est  changement des relations des éléments dans le système. Par exemple la place de "l'expert" dans la construction et la diffusion du savoir, la possibilité des initiatives et des visions par les équipes, qui vont au-delà d'un prescrit technique mais se mobilisent pour inclure une question nouvelle, le rôle des collaborations et des communautés qui permettent d'essaimer et de soutenir les transformations, la transformation des gouvernances qui se font plus horizontales.

Autrement dit notre priorité en tant que pédagogue intéressés par les grandes causes humaines devrait être de s'intéresser aux écosystèmes d'action dans leur ensemble et pas seulement à la spécialisation toujours plus forte d'un expert. Par écosystème d'action j'entends toutes les interactions humaines (atelier, discussion informelle, dialogue, temps de mise au point, prise de décision, retour d'expérience) qui contribuent à partager les idées au delà du seul cercle des spécialistes déjà convaincus.

La réponse réside dans le renouvellement des méthodes de conduite de projet et des pédagogies associées. Cela oblige à une pensée plus complexe (Edgard Morin nous rappelle que le complexe vient de complexus "tissé avec").

Je plaide pour 1) la création de dynamique collaborative d'apprentissage inter-métier avec de l'ouverture à d'autres idées que les seules des experts (usagers, chercheurs, citoyens) 2) le renouvellement des pédagogies par l'action très opérationnelle, une part sera des nouveaux formats sur mesure qui restent à inventer.

Ces approches pédagogiques ne seront pas sans poser des questions relatives à nos modes de gestion qui ont du mal hors des outils de mesure traditionnels à :

- identifier les temps de préparation pour fabriquer les collectifs et les réponses contextualisées

- détourer ce qui est de l'ordre de la transmission d'un geste  professionnel et ce qui contribue à modifier une croyance et passe par des approches dont les indicateurs de mesure restent à construire (formation-action, recherche-action, apprentissage en réseau)

- avancer chemin faisant à partir des terrains et pas seulement à partir d'une offre de stages prédéterminée

Actuellement nous consacrons une part considérable de notre énergie à l'offre qui soutient la carrière individuelle (le compte personnel de formation en est un témoignage) , je pense que nous devons en orienter une part plus importante à écouter la demande sociale et environnementale, y compris des demandes plus complexes pour créer plus de lien.

 

Formation : Passer de l'offre à la demande
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P
Merci pour votre article qui résonne si justement avec la ligne que nous essayons de proposer<br /> pour permettre à plus de personnes handicapées d'accéder et de réussir leur parcours de formation.
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C
Merci Pascale et bravo pour votre engagement
S
Merci pour cet article qui remet au centre les relations interpersonnelles, le travailler ensemble. J'ajouterai à cela la réflexion des équipes sur les écarts entre le travail prescrit et la réalité du travail, les contraintes, difficultés aléas, et leur reconnaissance par les pairs, hiérarchiques, utilisateurs, usagers, clients.
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