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Publié par CRISTOL DENIS

Le travail sur le leadership est généralement jugé peu efficace, sauf à très court terme.

Le livre « Le leadership créateur de valeur », écrit par Jean Luc Obin inspiré de sa thèse thèse de doctorat, propose de renouveler la lecture des concepts pour répondre à la triple crise : du leadership personnel, du leadership en entreprise, du leadership public.

Les deux premières innovations conceptuelles sont relativement simples :

- Au niveau personnel, le livre propose de remonter aux fondamentaux : il analyse le leadership comme l’instinct du pouvoir, canalisé en chacun de nous par l’éthique, la culture, le sens du collectif, les théories, etc. En explorant ces différents facteurs, on entraine chacun à mieux connaitre son instinct du pouvoir et ses divers encadrements ou modulations personnels. Le livre invite à renouer avec ses racines personnelles et familiales du pouvoir et à réanalyser son itinéraire individuel.

Les buts ne sont pas d’appliquer un leadership ou des principes prédéfinis, comme le font la plupart des auteurs, mais ils sont d’enrichir sa propre palette de leaderships (entre lesquels on puisse choisir plus librement selon les circonstances) et d’être disponible pour passer à un niveau supérieur de leadership...

Les coachs ou conseillers peuvent, bien sur, favorablement accompagner ou susciter un tel cheminement.

- Pour l’entreprise, la crise impose des décisions difficiles, qui vont contredire les efforts pour mettre du sens, du dialogue et de la bienveillance sur le pouvoir dans les organisations. Pour progresser, le livre propose une double innovation conceptuelle.

En recherchant comment nous pensons l’entreprise, il apparait que chacun perçoit différemment la même entreprise et qu’il faudrait d’abord en faire converger les représentations parmi les salariés. Comment ? Non pas par de grandes messes ou des codes de conduite. Mais en travaillant ensemble sur le fondamental qu’est le pouvoir, dont chacun se fait une représentation qui guide son action au quotidien. Autrement dit par un travail collectif de longue durée sur le leadership réel, sur le pouvoir canalisé, à inventer pas à pas.

Seconde innovation : l’idée est de faire du leadership non plus un moyen d’application de la stratégie, mais un élément de la stratégie. Les meilleures entreprises pensent le leadership en amont et non en aval.

On considère désormais que les produits vendus sont autant des services que des produits. Mais on peut aller plus loin : les produits et les services reflètent le leadership qui a encadré leur conception et leur réalisation.

Ainsi, il est bon de progresser en leadership pour qu’il imprègne encore mieux toute la vie dans l’entreprise et autour d’elle.

La troisième innovation conceptuelle (sur l’Etat et le leadership public) se déroule  en quatre étapes :

- Nous ne savons plus comment penser l’Etat. Chacun mélange des schémas intellectuels non conçus pour être compatibles et  les baigne de beaucoup d’affectivité et d’intérêts.

- Il faut donc proposer une autre lecture des Etats : comme le produit de la culture des élites de chaque pays. Et notamment du conflit entre la classe politique et les hauts fonctionnaires. Ce conflit dure depuis longtemps car avant les classes politiques élues, c’étaient les grandes noblesses…

- Chaque Etat est structuré pour réguler ce conflit majeur. Mais, au 21e siècle, face aux changements rapides, cette organisation étatique est moins efficace : elle bride la création de valeur publique.

- Pour avancer, il faut faire évoluer les relations entre politiciens et hauts fonctionnaires. Il est ainsi nécessaire de limiter le rôle des jeux de pouvoir et, pour cela, de développer la place d’un leadership public, inspiré de ce qui se vit dans les grandes entreprises.

La pensée des territoires, comme celle de l’Etat, est multiple et n’est plus suffisamment cohérente. Le livre s’efforce de la revisiter, pour en déduire des suggestions de réformes importantes, à partir d’un leadership public repensé.

Par exemple, le concept de décentralisation, typique des relations de pouvoirs entre classe politique et haute fonction publique, date du 20e siècle et semble dépassé avec le numérique et les exemples d’organisations des très grandes entreprises, bien plus efficaces.

Ce livre est l’un des rares à relever la convergence croissante des leaderships privé et public. Par contraste, l’Etat est organisé, structuré par un ensemble de systèmes anti-leadership, qui sont de plus en plus contraires à l’efficacité.

Le livre présente maints exemples d’évolution souhaitable, allant des territoires à l’Union européenne et fait des suggestions modestes, mais réalistes.

Il est temps de réinventer la pensée et la gestion de l’Etat, sous forme d’un leadership public, pour davantage de création de valeur publique au service de la création de valeur privée.

Dans chacune des trois parties, le livre part du renouvellement conceptuel et déroule les idées pour aboutir à maintes propositions pratiques réalistes, modestes, à effet de levier potentiellement puissant.

Ouvrage disponible chez Amazon

Le leadership créateur de valeurs par Jean Luc Obin 2020
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