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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

Lionel Bellenger est maître de conférence à Paris III Sorbonne et au groupe HEC. Avec une cinquantaine d’ouvrages à son actif, c’est peut être l’un des auteurs les plus prolifiques en matière de livres d’entreprise en France. Ce qui caractérise  son travail d’écriture c’est la volonté de rendre accessible son propos à l’usage pratique. Le dernier ouvrage qu’il nous propose évoque  le thème de la résilience, cher à Boris Cyrulnik, l’un des principaux promoteurs du concept. Derrière l’idée de résilience réside une tentative de répondre à la question : « comment ceux qui ont été confronté à un traumatisme grave, résistent-ils et rebondissent-ils pour poursuivre leur développement ? ». L’ouvrage est organisé en trois parties. La première vise à expliciter les enjeux qui se cachent derrière cette notion de résilience. La deuxième est un mode d’emploi pour mettre en pratique et la troisième organise apports théoriques et exercices pratiques pour construire un séminaire visant à développer la résilience. Concernant les enjeux l’auteur nous rappelle la difficulté qui s’attache à une notion polysémique, dont les racines peuvent se trouver dans nombre de dictons populaires («faire contre fortune bon cœur ») ou de façon plus théorisée dans les travaux de psychologie clinique des années 50. C’est notamment en travaillant sur les idées de réparation, de vulnérabilité, de mérite que le concept a peu à peu pris sa forme actuelle. La sécurité psychique s’expliquerait par des attachements, par des capacités à donner du sens ou à "mentaliser" des états internes et complexes de soi et d’autrui. L’auteur produit un travail de recherche et d’archéologie sur les origines latines proche de la résiliation du concept. Il montre pourquoi le concept est devenu si populaire dans une époque de crise. En effet l’incertitude, les peurs, le discours sur la souffrance sont propices au développement du concept et de son utilisation. Sportifs et artistes pourraient même être des produits de la résilience. Du coup l’auteur parle même d’un marché de la résilience articulant diffusion de test ou de repérage des capacités de résilience, émergence de professionnels en concurrence sur le marché de l’aide aux personnes. Les problèmes d’éthiques sont interrogés. Entrer dans un processus de résilience a aussi un  coût pour la personne, des résistances des remises en question se mettent en place et il y a là risque de cassure et de fragilisation de l’individu. Oser résister serait plus important que s’adapter. Le courage, la référence à des valeurs à partir de l’exemple historique des camps d’extermination de la seconde guerre mondiale qu’a pu donner Frankl est en ce sens édifiant. Si le mot traumatisme est fort la notion d’épreuve de vie rend compte de ce que chacun d’entre nous peut rencontrer. L’auteur développe alors l’idée que la chance est à portée de main. Il offre alors un ensemble de perspectives pour tenter de l’apprivoiser ou de la provoquer notamment en se départissant de nos certitudes ou en cultivant une intelligence rusée. La dernière partie sous la forme d’exercices pratiques s’adresse plus particulièrement à ceux qui souhaitent organiser des sessions de formation. Si cet ouvrage est utile pour un DRH c’est certainement parce qu’il lui donne des clés pour mieux accompagner et comprendre la réaction de salariés face à des chocs. Avec les transformations profondes et accélérées d’organisations, les plans de restructurations les difficultés des marchés, les occasions de traumatisme ne manquent pas actuellement en entreprise.

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