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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

Après leur dernier ouvrage "Faut-il encore apprendre?" , les fondateurs du laboratoire d'innovation et de prospective DSide récidivent. Sandra Enlart et Olivier Charbonnier traitent dans leur nouvel opus du travail demain. Si dans faut-il encore apprendre les auteurs constataient déjà un trouble dans les formes classiques de l'apprentissage à cause de l'irruption numérique, ils tirent cette fois les constats des transformations à l'oeuvre au coeur du travail.

Après quelques pages de job-fiction pour nous mettre en bouche, ils montrent comment internet transforme le travail.

 

6 idées éclairent le sens de cette mutation :

 

La première précise comment les entreprises anticipent maladroitement le phénomène internet  tant dans le changement des relations individuelles que des relations collectives. Les organisations matricielles  ont aussi fait voler en éclat l'idée fondatrice d'un chef par subordonné et d'un territoire par chef. Le mode projet et la conduite du changement deviennent la norme. Décentralisation, workflow, gestion par les processus, et transversalité deviennent les maitres mots. Ils sont actualisés avec les fonctionnements horizontaux des réseaux qui valorisent désormais le pair à pair. Le risque est l'inflation de procédure, l'instabilité, l'installation de ligne de décision opaque. Le rôle tant vanté du manager de proximité s'est heurté à la marge d'autonomie très contrôlée qui lui était conférée. Un écart croit entre des managers de proximité malmenés et les dirigeants auto-appelés à devenir leaders inspirants.

 

La deuxième idée réside dans la porosité désormais consacrée entre la société et l'entreprise. Avec les portables il n'y a plus de barrière si étanche. L'information envahit tous les domaines. Chacun devient un producteur un transmetteur et un consommateur d'information. La vitesse des flux s'accélère la collaboration devient prépondérante, les compétences à engager se maillent de plus en plus avec les systèmes d'information. Les risques de perte de contrôle, de surveillance de saturation mentale se développent. Les outils de communication personnel sont hors de contrôle des entreprises. Le temps de travail n'est plus si facilement mesurable. 57% des 16-65 ans disposeraient d'un smartphone permettant de se connecter à internet. Les entreprises aux réflexes Tayloriens ne perçoivent ni l'ampleur du phénomène, ni les risques, ni même la façon dont les réseaux sociaux infiltres les organisations. Et pourtant la pyramide se transforme peu à peu en toile. L'entreprise voit s'installer d'autres logiques que la sienne. En externalisant les données confidentielles, la logique du cloud pourrait poursuivre le mouvement. Dans le même temps les individus sont mis en visibilité, gèrent leur e-réputation. Les organisations sont contraintes à de l a transparence car toutes traces peut désormais se révéler publique (cf Wikileaks). 

 

La troisième idée est celle d'un monde en mutation comprenant des modèles organisationnels éclatés. Quoi de comparable entre l'entreprise type google et l'entreprise   de proximité. Un autre mot qu'entreprise pourrait utilisé pour décrire tant de réalité si différentes. Dans ces environnements prospèrent de nouveaux e-métiers, de nouvelles  modalités de gestion, un culte de l'urgence mais aussi une cacophonie des relations.  

 

La quatrième idée défend la thèse que l'entreprise s'intègre dans un écosystème. Il s'agit moins d'une transformation en profondeur et plus d'une évolution vers des systèmes plus ouverts avec une richesses d'acteurs et de formes de production, des mobilisations d'équipes autour d'idéaux types, de nouvelles manières de coopérer dépassant la seule relation contractuelle. Simultanément, coexistent les entreprises de l'ancienne et de la nouvelle économie. Mais quelque soit leur organisation elle devront apprendre à penser de façon systémique, de percevoir les interactions d'apprendre à se lier pour évoluer sur leur marché. Les auteurs distinguent 5 écosystèmes :

- celui des grandes entreprises cohabitant avec une variété de prestataires et d'indépendants

- celui de l'excubation visant à développer des projets à l'extérieur de l'entreprise

- celui de la nébuleuse de petits systèmes mobiles et en interconnexion

- celui de l'intermédiation jouant de la force des réseaux sociaux

- celui combinant les 4 autres modèles

 

Le métissage sera la règle de même que les appartenances multiples. L'enjeu sera la fluidité.

 

La cinquième idée rassemble les mutations du travail qui répondent aux générations actuelles. Le contrat social se modifie, le travail est une ressource pas une contrainte. C'est un lieu de socialisation, de confort, de collaboration, d'apprentissage, de découvertes. Le travail se met en scène. Le qui fait qoui devient plus flou. La dispersion des équipes est plus prononcée, de même que la durée des engagements. Enfin, le pouvoir managérial se négocie en permanence. La porosité est constante, dans les lieux et temps de travail. Elle va de l'intérieur vers l'extérieur et réciproquement. De nouvelles formes de relation émergent.

 

La sixième idée est une forme de constat des nouvelles compétences à développer.  Les auteurs en listent 10 :

- sensemaking

- intelligence sociale et relationnelle

- capacité d'innover et de s'adapter

- compétences interculturelles

- compétences à traiter des masses élevées d'informations

- capacité à communiquer via les nouveaux médias

- transdiciplinarité

- capacité de conception

- capacité de gérer sa charge mentale

- collaboration virtuelle

 

Le coeur de ces compétences réside dans des capacités cognitives de zapping, de flexibilité mentale, de concentration. Mais il faudra aussi développer des compétences sociales pour interagir en réseau. Il s'agit encore de s'auto-gérer, et de revoir régulièrement sa façon de penser.

 

La conclusion propose 5 enjeux pour les nouveaux systèmes d'organisation de demain :

- s'adapter et faire face

- impulser, soutenir, favoriser

- réguler, ouvrir, aider

- discuter dialoguer confronter

- intégrer articuler relier

 

Voici un livre qu'on dévorera avec plaisir car il nous rend accessible paisiblement sans injonction ni leçon de morale ou marketing un monde en mutation. C'est avec impatience que j'attends un nouvel ouvrage qui nous donnerait quelque piste sur la façon d'accompagner les hommes et les organisations dans cette mutation du travail.

 

 

 

 

 

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Vanessa 24/05/2015 18:48

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