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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

 

 

 

 

 

Des mondes bricolés ? Arts et sciences à l'épreuve de la notion de bricolage. Avec cd-romVoici un ouvrage qui ressemble à un cabinet de curiosité. Le thème du bricolage s’y prête. C’est en effet le choix de deux chercheurs, Françoise Odin et Christian Thuderoz, que d’investiguer une autre façon de penser le monde. Avec l’aide de 29 contributeurs, ils s’attaquent à la distinction de Claude Lévi-Strauss[1] entre l’ingénieur, l’homme du projet et du concept et le bricoleur qui crée avec les moyens du bord à partir d’un stock d’objets accumulés sans projet précis. Trois parties composent ce qu’il convient d’appeler une exploration. La première pose le bricolage comme concept d’élucidation du réel. Tout d’abord, le bricolage évoque plutôt une forme de poésie un collage à la Max Ernst qu’un énième schéma pyramidal pour signifier l’entreprise. Le bricolage semble opérer par un travail de décontextualisation et de réemploi. La conception opère directement sans guère de maquette ou d’étapes intermédiaires. L’inspiration, les réutilisations successives, la façon de faire parler les idées et les objets plongent le bricoleur dans l’ingéniosité plutôt dans l’ingénierie. Le bricolage est un art de l’invention qui tient plus du mythe que de la physique. En cela le bricolage fait voyager au pays des possibles. Le bricolage est tout en devenir, jamais complètement achevé. Il ne s’encombre pas de méthode.  Il suffit de tirer partir des moyens du bord pour entrer dans l’idéal type du bricoleur. Dans le domaine du management, le bricolage permettrait de passer au-delà des crises, de créer des détournements utiles, de redonner un sens au monde, de faciliter les changements. Les entrelacs formeraient la magie du bricolage et autoriseraient des interrelations fort utile pour penser des réalités complexes. La logique sauvage du bricolage tranche de la logique formelle dans le sens où elle s’intéresse au contenu, aux matériaux bruts plutôt qu’aux processus. La logique sauvage propre au bricolage dérange les hiérarchies et les classements habituels tout en ouvrant à une pensée complexe. La deuxième partie aborde le bricolage comme démarche pragmatique. La perruque[2] et le bricolage ouvrier donnent de bonnes illustrations de ses usages, mais aussi de ses déviances. Le détournement d’un outil qui se fait arme est aussi inscrit dans l’histoire des luttes ouvrières et ce jusqu’aux conflits les plus récents. Mais, le bricolage n’est pas que l’apanage des ouvriers les laboratoires de recherche offrent aussi des opportunités de bricolage technologique et les marins pêcheurs ne sont pas en reste quant ils bricolent leurs chaluts. Le bricolage peut aussi être exploré dans les activités de conception des technologies avancées, mais aussi il est loisible d’observer du bricolage idéologique dans le domaine de la philosophie politique. Parfois le bricolage cognitif coexiste avec la pensée scientifique et cela peut produire des décisions absurdes. Enfin, la troisième partie érige le bricolage en véritable art de vivre. Jouer avec son téléphone portable, écrire des romans arranger les contraintes des religions relèvent aussi des registres du bricolage comme art de vivre. Le DVD accompagnant le livre  joint l’image et la parole au texte. Des œuvres d’art, des collages, des exposés, des photographies, des prises de paroles, des citations composent cet opuscule. Cet ouvrage est inclassable. Est ce un livre qui parle de l’entreprise ? Est-ce un livre savant qui opère des distinctions fines entre les mondes de la pensée ? La sensation qu’il laisse aux curieux c’est plutôt d’être l’exposition temporaire d’un musée qui s’inviterait chez vous. Un bricolage réussi ouvrant la pensée en dehors des sentiers battus. S’il est vrai que l’innovation va contribuer à ouvrir de nouvelles perspectives de développement, il est alors temps que les DRH s’emparent du thème pour bricoler à leurs manières de nouvelles idées pour travailler ensemble à la satisfaction de tous.

 

 



[1] La pensée sauvage, Paris, Plon 1962

[2] La perruque peut se définir comme le travail pour soi ou à côté des obligations de l’usine, c’est un chapardage, un travail au noir un « coulage »

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C
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