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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

micro-processeur.jpgLe terme d'innovation en formation agace les professionnels engagés. Lorsque ce terme est utilisé il renvoie à des pratiques et incidemment, il pointe des manières de faire qui seraient innovantes et d'autres qui ne le seraient pas. Mais qui peut se placer en juge de ce qui est innovant et de ce qui ne l'est pas? Qui peut affirmer ce que je fais est plus innovant que ce que tu fais? On risquera toujours dans l'histoire de trouver un philosophe Chinois ou un penseur antique qui a déjà mis en oeuvre une façon d'enseigner ou d'apprendre. On peut toujours se voir opposer un exemple de pratique qui tranche avec l'ordinaire. Plus le professionnel excelle dans son art, plus il peut voir dans une façon nouvelle de faire une atteinte à son métier. Il peut se contenter de la nier. Certains peuvent affirmer que les pratiques pédagogiques actuelles peuvent gagner en dynamique grace aux nouveaux moyens technologiques. Et ils ont parfaitement raison car les technologies actuelles ne sont pas qu'un outil comme certains le proclament. Elles sont plus qu'un prolongement du bras, de la voix, ou du cerveau. Elles induisent des modalités radicales dans la manière d'entrer en communication, de se regrouper, de partager, et d'offrir la multimodalité (texte, son image) et la proactivité propre à l'engagement dans l'acte d'apprendre. En tant que média, elles participent des sociabilités humaines. Elles offrent une possibilité d'échange, d'émancipation, de recherche personnalisée inédite jusque là. Même si la part des techniques et des outils n'exéderait pas 20% dans des innovations, relativement aux innovations sociales, organisationnelles et relationnelles, les nouveaux outils qui nous sont proposés possèdent des potentialité d'action sur  le monde sans commune mesure avec ce qui existait précédemment. Ces outils et ces pratiques viennent heurter de plein fouet la professionnalité durement acquise par des acteurs le plus souvent passionnés et experts. L'observation des ergonomes montre le danger d'un modèle de l'expertise qui a force d'éliminer des gestes inutiles pour se concentrer sur le geste sûr et performant finit par réduire les possibilités d'erreur, de divergence et in fine de créativité. C'est parfois le cas du formateur qui maîtrise parfaitement l'art de la salle et les ressorts qui plaisent aux groupes et finit par s'enfermer dans une routine. Il reproduit son message avec succès. Si le terme innovation agace, alors autant utiliser le mot de diversification des modalités d'apprentissage plus acceptable car il remet moins frontalement en cause les pratiques. Mais il risque aussi d'affaiblir le choc de la réalité. Car il est facile de se masquer derrière une petite variation pour se targuer de faire autrement. Mais les formateurs par trop sûrs de leurs savoirs pourraient être rattrapés par des apprenants zappeurs ne supportant plus qu'on leur donne la leçon. Pour conclure "innover c'est introduire quelque chose de nouveau dans un système établi". Le quelque chose de nouveau vient souvent de l'extérieur. Il s'agit de repérer quel extérieur prend sens pour chacun des acteurs des actions de formation.

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C
Merci beaucoup pour ce complément tout à fait juste !
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J
L innovation en formation ne se limite pas a reproduire d anciens dispositifs pédagogiques avec de nouvelles technologies. Cela se nomme l effet diligence.<br /> Quand je lis que certaines entreprises innovent en faisant faire des quizz sur tablettes pour leur formation, il n y a pas diinnovation pédagogique juste une mise à jour du support.<br /> Il faudrait distinguer les innovations incrémentales et celles de rupture en formation tout en répondant au paradoxe suivant : les apprenants développent des stratégies de réussite et se motivent<br /> davantage par la réalisation de tâches académiques, entre autre....
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