Les usages numériques s’invitent dans des activités humaines professionnelles ou de loisirs. L’interactivité, le sentiment d’ubiquité, de vitesse, d’instantanéité, de simultanéité, de connexion continue, de déterritorialisation bouleversent les comportements humains car ils affectent la façon dont les expériences se mettent en place. Ils affectent en particulier le rapport au temps. Le processus d’individualisation déjà entamé se poursuit. Il exacerbe le sentiment de singularité car les technologies facilitent les applications sur mesure. La fragmentation des usages se poursuit par le passage d’une application à l’autre. L’individu peut jongler entre les activités, mais aussi avec les facettes de son identité. Avec l’urbanisation, les temps de transports augmentent, mais les temps morts diminuent. Les activités et distraction numériques s’enchainent. Il est possible de dire que l’on passe de technologies de l’information et de la communication à des technologies de l’attention et de la distraction. Il est enfin possible d’imaginer un « homme augmenté », une forme de cyborg intégrant de nouvelles possibilités surhumaines grâce aux puces électroniques, prothèses cognitives, ou puces RFID incorporées dans des objets. Mais il est encore possible d’imaginer repousser encore les limites avec les biotechnologies, la médecine et pourquoi pas le téléchargement de la conscience sur des matériaux inaltérables. L’homo numericus pourrait aussi être virtuel tel l’avatar d’un univers type second life. Il pourrait travailler dans des espaces virtuels magasin virtuel et réaliser de nombreuses activités dans des univers parallèles aux codes sociaux à inventer. L’homo numericus pourrait dans cette perspective être désincorporé. Il valoriserait l’esprit plus que le corps. Cette perspective interroge les identités, la dissolution de soi, l’enfermement virtuel. Pour certains observateurs, ce phénomène s’exacerberait avec la génération digitale, aussi baptisée de façon marketing de « génération Y ». Cette génération serait réputé baigner dès la naissance dans le numérique et utiliserait massivement les outils numériques. Avec les téléphones portables et les réseaux sociaux qu’ils utilisent massivement, de nouvelles sociabilités se développeraient touchant au jeu, à la façon d’être en groupe, ou de communiquer sur soi. Certains seraient devenus des experts mais une plus grande majorité serait de simples consommateurs. Ils deviendraient parfois des nolife en occident ou des hikikomori au japon, subissant une addiction à la connexion.