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Publié par CRISTOL DENIS

 

post-sapiens.jpgIl est possible d'affirmer : "rien ne changera" car l'organisation est si anciennement pétrie d'habitudes que la moindre inflexion est immédiatement engluée dans les bonnes raisons pour persister.

 

Face à la montagne organisationnelle il vaudrait mieux renoncer à l'escalade et laisser aller, se couler dans le sens de la pente et attendre. Mais, le risque subsiste d'une transformation de l'environnement qui emporte tout sur son passage. A force de rester immobile, l'on se fait summerger. C'est exactement ce qui se produit dans les pays structurés aux économies stables. S'il faut changer autant choisir la direction à prendre. Il s'agit de regarder dans les yeux le futur et de se départir d'un passé qui ne reviendra plus. Alors quitte à se mettre en mouvement décidons du cap qui emménera chacun à bon port. Nombre de dirigeants paralysés par leurs espérances de carrière et par le risque de perdre avantages et conforts tiennent ferme dans leurs mains les rançons du passé. Méticuleusement, ils appliquent les recettes apprises, parfois ils les achétent à prix d'or à des consultants qui rassurent leurs angoisses.

 

Se tourner vers le futur, en tirer son énergie est le propre de leaders qui par inconscience, utopie, ou pour toutes autres raisons s'engagent à voir le monde tel qu'il pourrait être plutôt que tel qu'il est. Les leaders possèdent deux choses :

1) un optimisme à toute épreuve

2) un talisman : la fable du papillon. Le papillon qui d'un battement d'aîles fit bouger un infime courant, qui produisit un léger souffle qui à son tour dérangea le sens du vent et provoqua un événement atmosphèrique considérable. 

"Petites causes, grands effets" est leur devise. Mais ils possèdent certainement en plus cette capacité à tirer du futur qui vient leurs visions, leurs rêves et toute l'énergie utile aux grandes transformations. Se connecter aux signaux faibles, apprendre des prémisses de demain est le savoir que cherche à cultiver ces leaders avec d'autres fait du même bois.

 

Ce savoir s'accompagne de deux attitudes : la lâcher-prise et le laisser advenir. Le lâcher-prise est l'attitude de celui qui a compris que ce qui ne compte pas vraiment sera perdu un jour. Dès lors, il sait avoir la modestie de garder en vue l'essentiel plutôt que les détails, l'objectif ultime plutôt que les péripéties. Il laisse donc de côté tout ce qui fixe, qui contraint, qui limite et qui bloque. Il ne s'arrête ni aux règles, ni aux procédures, ni aux formes. Il les transcende. Il en saisit l'esprit. Il ouvre un nouveau sens. Il montre une carte et dit enthousiaste "et si nous voyagions!", plutôt que de faire construire une barque ou de commander les rameurs. C'est pourquoi le lâcher-prise est associé au laisser-advenir. Puisqu'une place est faite à ce qui vient, il s'agit de le reconnaître, de l'accueillir et de le partager. Il s'agit de percevoir les mouvements nouveaux au sein des relations qui constituent les organisations. En changeant un détail, une habitude même infime, et c'est toute la trame qui bouge.

 

Un leader par ses questions, ses attitudes, sa présence aux autres peut générer une métamorphose de l'intérieur. Mais il y parviendra à la condition de se mettre au service d'un projet plus grand que lui, sans espérance aucune d'en tirer avantage. Car le moteur du changement réside dans l'énergie humaine qui se propage par une série de dons et de contre-dons qui se mettent en place par le premier don du leader.

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