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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

consul.jpgLe management consulaire se caractérise par un respect prononcé des rangs, des protocoles et des hiérarchies établies. La maîtrise des nuances du langage et de l’élégance relationnelle constituent un savoir managérial essentiel à maîtriser à la chambre. D’aucun le nomme « langage consulaire ». Lorsque l’on souhaite s’affranchir des pesanteurs et des précautions oratoires, il est d’usage de préciser que l’on sort de la convention. Ceci est peut être le fait d’un héritage vieux de plus de 200 ans de traditions qui ont fait leurs preuves. D’ailleurs la Direction Générale de la CCIP n’est elle pas nommée « le château » ? Les missions, organisations et établissements sont implicitement classées dans leurs prééminences et prérogatives. Une logique de l’honneur est installée. Un équilibre construit la part d’amour propre de chacun (homme et organisation). La forme revêt une grande importance. Les statuts sont soulignés par des codes vestimentaires, des tailles et mobiliers de bureau adaptés au rang de chacun. Les titres, grades et classifications sont parfois désuets, mais constituent de précieux indices sur les potentiels ou compétences de chacun. Les modes de relations interpersonnelles induisent un maniement dosé du vous ou du tu, qui montre  que chacun n’est pas l’égal de l’autre. L’organisation rend compte de la place des rangs de chacun ; disposé d’un secrétariat, accéder à un service de taxi, ou détenir un téléphone portable tendance sont des signes d’appartenance. L’ensemble du personnel consulaire est régi par des conventions socialement protectrices. Ceci présente des vertus de sauvegarde contre l’arbitraire de décisions hiérarchiques, une protection des permanents dans leur emploi, une promesse de carrière organisationnelle. Cette perspective de l’emploi protégé entraîne une vision de la personne qui s’inscrit dans la durée.

 

Les jugements définitifs sont donc rares. Le dosage est de rigueur. Les managers gardent toujours en mémoire le « coup d’après » et raisonnent sur le moyen terme. La prudence dans les prises de position, le style allusif, le non dit, l’euphémismation sont des traits de gestion au quotidien qui permettent de préserver le lien, et le futur. Ainsi, les positions tranchées dans un compte rendu d’entretien professionnel, ou un recadrage trop vif sont évitées car sinon comment faire évoluer un collaborateur en dehors de son service, ou comment le conserver avec soi en maintenant le lien ?  Dans cette situation de relation contrainte, le management est géré à deux partenaires. Le style de subordination s’impose autant que le style de commandement. L’ensemble provoque des systèmes  relationnels, ou bon an mal an responsables et collaborateurs sont obligés de trouver des terrains d’entente pour bénéficier des opportunités de carrières. Ce mode relationnel évite des ambiances ouvertement conflictuelles. Finalement une forme de contrôle réciproque s’établit sur la base de la compétence, de la maîtrise du métier et de l’engagement en faveur des missions comprises de l’institution.  La centration sur les métiers constitue l’issue. 

 

La chambre est dotée d’une solide culture administrative. Il convient de rendre des comptes. La culture de l’écrit en est un trait caractéristique. La référence à un texte, le contrôle et la validation redondante des actes engageants, la rédaction de nombreux formulaires signés et contre signés engagent des chaînes d’acteurs qui de ce fait se retrouvent solidaires.  Le maintien dans l’institution de personnes dans la durée peut aussi favoriser un phénomène d’apparition de calcul organisationnel. Par son ancrage historique et son poids politique, la chambre semble développer une vision élitiste de la société, l’excellence, les qualités et les ambitions sont souvent rappelées et portées hauts. Les managers consulaires éprouvent une certaine gourmandise pour l’entregent et le travail en réseau. Réseau interne dans un premier temps puis l’usage et le travail avec des réseaux externes s’avère une seconde nature. La cooptation s’ensuit, le recours à des recrutements externes est ainsi dosé pour respecter des ordres en place. Une culture managériale qui fonctionne depuis plus de 200 ans et qui a donné de magnifiques réussites comme de trés grandes écoles de commerce.

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