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Publié par CRISTOL DENIS

  

 

Journée autour de Pierre Caspar

le 22 mars 2012, au Cnam (Paris)

 

 Informations et inscriptions :
marie-florence.perriniaux@cnam.fr

 

 

 

La journée se déroulera autour de trois tables rondes réunissant une grande diversité de professionnels et de chercheurs qui, d’une façon ou d’une autre, ont un lien avec Pierre Caspar.

 

Quel sens aujourd’hui pour la formation ?

La construction d’un appareil national de formation professionnelle date de 1971, et parfois, pour certains de ses aspects, des décennies antérieures. Les caractéristiques économiques et sociales de cette époque n’ont plus que des rapports lointains avec celles d’aujourd’hui : plein emploi, organisation taylorienne, contenu du travail centré sur le métier, la connaissance et le savoir-faire, dynamiques et valeurs de la promotion sociale, poids relatif de la finance. Nous sommes maintenant dans un contexte de mondialisation, de complexification du contenu du travail, de révolution informatique, de dominance financière, de réseaux, de nouveaux modes de management gestionnaires

humainement rudes et de chômage de masse croissant.

Un relatif consensus existe aujourd’hui sur les limites de ce système de formation continue, ainsi que sur la nécessité de le reconstruire sur de nouvelles bases. La discussion est ouverte pour échafauder les modes de fonctionnement et de gouvernance d’un dispositif d’ensemble à même de répondre à ces nouveaux enjeux.

 

D’où quelques questions pour aujourd’hui et pour demain :

– En quoi la formation peut-elle encore prétendre être un levier du fonctionnement et du développement social et économique ? Peut-elle poursuivre à la fois des objectifs centrés sur l’emploi et des finalités de développement individuel et collectif ?

– En quoi la recherche de l’efficacité et la qualité de la formation, qui préside à l’élaboration et à l’évaluation des dispositifs, prend-elle en compte l’implication et l’initiative des différents acteurs, les objectifs et le sens qu’ils donnent à leurs actions ?

 

– Comment les bénéficiaires sont-ils pris en compte dans l’analyse de leurs besoins, la conception et la conduite des dispositifs et leur évaluation ?

– La formation peut-elle compenser les inégalités sociales dans l’éducation initiale, la reprise des études et l’accès au savoir ? Le monde de la formation s’intéresse-t-il à celles et ceux qui en sont exclus ? Quel sens a de nos jours l’engagement en formation ?

 

Que deviennent les formateurs ?

L’une des grandes innovations des années 1960 a été l’arrivée de formateurs-animateurs dans les instituts de promotion sociale, les organismes de formation d’adultes, les entreprises publiques ou privées, avec pour mission de transformer les dispositifs et d’affirmer une pédagogie des adultes.

Avec le développement de la professionnalisation et l’émergence de la profession de responsable de formation (cf. P. Caspar, M.J. Vondersher, 1986), nombre de dispositifs de formation diplômants ont suivi ou précédé les transformations de la compétence et l’exercice des activités. Parallèlement à ses fonctions  dans l’entreprise, la formation s’est mobilisée comme réponse aux effets délétères du chômage et de  l’exclusion, et comme levier d’insertion sociale et professionnelle.

 

Paradoxalement, la reconnaissance de la formation comme profession à part entière reste aujourd’hui un enjeu. Les caractéristiques formelles de la profession sont acquises mais, dans le même temps, la  structuration de l’offre de formation, le fonctionnement des marchés, la précarité des statuts et la tendance forte à intégrer la formation dans des activités plus vastes rendent difficile cette reconnaissance. D’où, notamment les questions suivantes :

– Quel sens donner à ces évolutions paradoxales de la professionnalisation et de la

« déprofessionnalisation » des formateurs ? Que deviendront dans l’avenir les métiers de formateur stricto sensu

? Faut-il craindre leur disparition, leur éclatement ou leur mutation dans de nouvelles figures (consultants, intervenants, tuteurs, conseillers en orientation, accompagnateurs…) ?

– Que dire des nouvelles formes de transmission des savoirs et d’apprentissage, en réseau, grâce aux technologies ou dans une logique de management par projet, qui explicitement ne se réfèrent pas au monde de la formation ? Quelle place l’autoformation prend-elle dans ce champ ?

– Ce paysage contrasté et les tensions qui le caractérisent peuvent-ils ouvrir des opportunités pour inventer, expérimenter, développer des activités, des responsabilités nouvelles au carrefour de la transmission, de l’apprentissage et de l’accompagnement ?

 

De quels savoirs a-t-on besoin et comment sont-ils construits ?

Hier, les savoirs culturels, scientifiques, méthodologiques étaient présents dans les dispositifs et leurs objectifs. Leur place était reconnue pour assurer les reconversions, la mobilité et la promotion sociale, pour faciliter les évolutions professionnelles et la montée en qualification. Aujourd’hui, l’émergence de l’économie de la connaissance et de l’immatériel, la  reconnaissance de la formation comme outil de production, entraînent la réduction des parcours de formation, mais donnent un statut aux savoirs informels comme à ceux de l’expérience.

L’exigence de compétences nouvelles dans les réorganisations d’entreprises, les aléas des parcours professionnels, l’accroissement d’un chômage persistant et de longue durée, la rapidité des changements technologiques bousculent profondément la conception et l’usage de la formation des adultes.

Individuellement et collectivement, l’autoformation, les réseaux sociaux ou d’échanges de savoirs, font émerger d’innombrables voies nouvelles de construction et d’accès aux savoirs : le statut de la formation s’en trouve d’autant plus modifié qu’ils font apparaître des apprentissages et des savoirs d’une autre nature, où l’autonomie prend une place centrale (savoir s’informer, communiquer, apprendre…).

 

–  Comment accompagner et consolider les apprentissages informels développés dans toutes les

dimensions de la vie ? Quelle place les dispositifs de formation doivent-ils accorder à un  apprenant dans la conduite de sa formation ? Comment les TIC y contribuent-elles ? A quelle éthique professionnelle doit-on se référer dans la relation entre apprenant et accompagnant ?

– Comment reconnaître et faire reconnaître les savoirs nouveaux, les nouvelles situations d’apprentissage ? Comment ces savoirs s’articulent-ils avec les savoirs institués ? Comment peuvent-ils se transmettre ?

– Comment se transforment les activités de recherche ? Comment contribuent-elles aux nouvelles pratiques d’apprentissage, à la construction des savoirs ? Les pratiques peuvent-elles devenir recherches ? A quelles conditions ? Quels sont les types de recherche à développer ?

– Quels savoirs et scénarios d’apprentissage pour l’avenir ? Comment penser l’incertain ?

 

Le Comité d’organisation de la journée

 

 

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