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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

politiques-publiques-rochet.jpgVoici un ouvrage érudit qui ne laisse pas indifférent. Claude Rochet, professeur en management public rentre dans le vif sans détours. La posture est trop rare pour ne pas la saluer. Il attaque et fait feu de tous bois. Les références littéraires et un gout prononcé pour les détours historiques et culturels et les citations séduiront les adeptes des petites phrases et lasseront les autres. Les tableaux, les schémas et les chiffres font leur impression.

 

De quoi s'agit-il? Il s'agit d'une ode aux politiques publiques. Celle-ci commence par la qualité des institutions et la tentative de dresser un portrait robot d'un "état sage". Les théories sur le role des institutions, des technologies, du bien commun, de la liberté, de la nature de l'homme, et des biens publics sont mobilisées pour montrer que la qualité institutionnelle est toujours un second choix. Finalement la bonne gouvernance ne serait qu'un second choix. On se limiterait à "gouvernancer". La bureaucratie est villipendée et remise à sa place. Les perspectives ouvertes par l'assurance qualité, le tableau de bord prospectif, les systèmes d'information sont présentés et critiqués. Les consultants (consultocrates) n'ont qu'à bien se tenir et les leaders héroiques sont glorifiés. L'ultime attaque porte sur la dette, le principe de pilotage par les résultats. Elle est appuyée par de nombreux exemples provenant de Suisse, des Etats-Unis, de Nouvelle Zélance, du Canada. Elle conclue sur une confusion entre institution et organisation. Le remède proposé à tant de maux repose sur la refondation d'un pacte de confiance et de relégitimation de l'action publique qui passerait en particulier par plus d'équité . Quelques principes pourraient aider à cette refondation : la cartographie de toutes les interactions pertinentes, le soutien à l'esprit d'entreprise, le partenariat avec le secteur privé.

 

Pour réussir un repositionnement de la chose publique, la conclusion met en doute la capacité des élites d'apprendre et de se remettre en question. Elles seraient atteintes d'une constipation intellectuelle et incapables de s'intéresser à de nouvelles idées puisées hors d'elles memes.

 

Un ouvrage que l'on peut lire. On regrettera cependant quelques attaques frontales et charges infondées qui sentent le jugement de valeur, le réglement de compte, l'idéologie et nuisent à la crédibilité de l'auteur laissant  penser qu'il s'agit plus d'un livre d'opinion étayé que d'un ouvrage académique.

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