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Publié par CRISTOL DENIS

On se plait à imaginer les philosophes Grecs amplement vêtus de blanc déambulant en groupe et devisant de théorème et paradigme ou affutant leur art oratoire. Il paraît même qu'un groupe nommé les péripapéticiens s'adonnait à l'enseignement mutuel tout en se promenant. L'idée imputée à Aristote est loin d'être idiote. J'en fais régulièrement l'expérience avec mes collègues à chaque fois que possible. J'observe que nous réglons inconsciemment nos pas et nos respirations, que nos pensées sont happées vers le même désir, celui d'arriver au bout du chemin. Marchant côte à côte nos regards tendent vers la même direction contribuant à rapprocher nos angles de vues. Incidemment lorsque nos pensées s'échangent, elles sont déjà à la même température. Elles s'accordent harmonieusement et donnent le double sentiment d'être écouté et compris mais aussi celui d'écouter et de comprendre l'autre. Cette forme d'apprentissage réciproque et doux est un véritable bonheur que nous devrions presque rendre obligatoire dans les jardins attenant aux lieux chargés de transmettre ou conserver les connaissances.

Mais si la marche à pied ne concerne que les gens peu pressés (il en reste), l'automobile constitue une autre expérience d'apprentissage. Le péripapéticien se fait alors autopapéticien. La proximité au sein d'un habitacle rigide donne presque l'impression d'être dans un cocon. Les sons étouffés du dehors renforcent le sentiment d'intimité et de partage privilégié. Le don de la confidence, le jeu des reflets dans les rétroviseurs confèrent à la situation, des conditions propices à la réflexivité. Les regards sont fixés vers l'extérieur et permettent de se projeter au delà du pare brise. L'habitacle automobile peut se transformer en véritable confessionnal. C'est un lieu propice au coaching. L'attention flottante du conducteur peut jouer ce rôle d"coute neutre de la cure psychanalytique ou bien absorber une part de retenue. Les idées, les émotions sont moins censurées et se lâchent sans peine.

Décidément que nous soyons péripapéticien ou autopapéticien notre rapport au monde change. Nous voilà uni à notre compagnon de voyage par un un même déplacement du corps et de l'esprit. Voilà une façon d'apprendre qui nous transporte vraiment à redécouvrir.

Aristote

Aristote

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