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Publié par CRISTOL DENIS

Aujourd'hui il me semblerait possible de concevoir un cour comme une semence. Il suffirait à un formateur de donner les prémices et de laisser un groupe chercher la suite. Ne suffit-il pas à un musicien de donner les premières mesures pour que chacun reprenne le refrain? Car la mesure a souvent été entendue au moins en partie.

Considérer le potentiel d'imagination et de bricolage de l'autre induirait qu'au lieu de donner toute la vérité et d'enfiler toute une succession d'affirmation doctement agencée, il faudrait plutôt créer les débuts signifiants d'une énigme, stimuler les premiers pas, exciter un peu les neurones mais surtout ne pas tout donner au risque de gâter la curiosité à peine naissante. Tout l'art du semencier serait de sélectionner les questions vives qui donnent envie d'en savoir plus par soi-même.

Installer le désir de compléter par soi-même compterait plus que de donner la forme entière. C'est en effet dans le travail de mise en ordre que l'on apprend, plus que dans celui de recracher ce qui a été bachoté. Imaginer par soi-même la suite de l'histoire oblige à conduire ses propres investigations à les ancrer dans ses propres exemples, suivre les contours de son propre raisonnement.

Partir d'une esquisse mais ne pas donner à voir tout le tableau permet d'imaginer le dessin et la façon même de dessiner. Si le maître se contente de dire et l'élève d'écouter alors la relation est stérilisée. Une étude a montré qu'un maître attendait moins de Une minute pour répondre à la propre question qu'il posait à ses élèves. Le savoir parait toujours contenu dans un seul homme/femme. Pour que ce savoir germe faut-il encore confier les premiers rudiments aux autres mais pas plus et laisser ces derniers en prendre soin. Souvenez vous comment enfant nous testions la croissance de quelques haricots dans un bout de coton humide, quel plaisir nous pouvions avoir à regarder la graine pousser, et la tige grandir. Pourquoi cette méthode expérimentale qui nous lie à l'objet de la connaissance devrait-elle être négligée? Bien au contraire, nous devons nous inspirer de cette sensation pour repérer ce qui touche la motivation à observer à rechercher et in fine à apprendre. Pensons les exposés comme des semences. Avortons les rapidement pour laisser les apprenants seuls ou en groupe mener leurs propres investigations. Rien de plus facile avec internet que de poser des germes de connaissance et de dire simplement "va donc plus loin!". Il reste au jardinier à se poser des questions sur le bon moment et le bon lieu où poser ces semences. C'est tout l'art du formateur, ou de l'enseignant de choisir les idées fortes et d'identifier le tempo pour les distiller.

Ce n'est pas moins d'art que d'être partiel, bien au contraire, c'est un art de synthèse et de repérage préalable des terrains qui seront parcourus et des pièges qui seront rencontrer. Comme le botaniste Gregor Mendel qui a révolutionné la sélection des gènes en testant de nombreuses combinaisons, il s'agira au formateur de sélectionner la bonne semence en testant les questions les plus stimulantes et les plus apprenantes. L'art est pédagogique est plus dans la qualité de la question que dans celle de la réponse.

Et si l'on concevait un cours comme une semence?
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C
La photo fait parti d'un ensemble lieux isolés ou abandonnés mais je ne sais plus où elle a été prise
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M
Bonjour,<br /> Merci pour vos article.<br /> Pourriez-vous m'indiquer d'où provient cette photo ?<br /> En vous remerciant, bonne journée
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C
MERCI
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E
Très beau blog merci pour ce partage bonne fin de journée Evy
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