Publié par CRISTOL DENIS

 

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L’équipe

Un groupe c’est un ensemble de personnes qui travaillent côte à côte, isolément qui n’interagissent pas et qui poursuivent des objectifs personnels. Une équipe c’est entre 4 et 12 personnes très soudées. Au-delà, il s’agit d’un service ou d’un département. Le mot équipe est de la même famille qu’équipage, ou skipper. En navigation l’objectif est de progresser ensemble vers un même but. La coopération est indispensable. L’équipe peut aussi se lire comme la combinaison du DUR c’est à dire la structure, l’organisation, le process, le matériel, les équipements, et du MOU c’est à dire des émotions, des affects, des états d’âme, des représentations de chaque membre de l’équipe. Dans un groupe le manager n’établit que des relations de un à un. Dans une équipe, le manager établit aussi des relations collectives. Il construit une synergie.

La motivation

Il y a deux catégories de motivation. La motivation intrinsèque et la motivation extrinsèque. La motivation intrinsèque est du domaine réservé de la personne. Elle est constituée de ses désirs, ses projets, ses envies, sa façon de se représenter son travail, son identité professionnelle. Certains postulent  comme Mac Gregor qu’il y a des personnes naturellement motivées et d’autres non. Le problème de la motivation  se résout par un recrutement efficace. A moins de manipuler les désirs, ce que dénonce Valérie Brunel (2004)[1] le manager ne peut intervenir que sur la motivation extrinsèque c’est à dire sur les besoins, les rétributions, les signes de reconnaissance. Dans sa façon d’être, le manager exprime et induit un type d’engagement. Il peut agir sur les situations et créer des environnements favorables au climat de travail. Le manager peut aider son collaborateur, ou son équipe à trouver du sens dans ce qui est réalisé ensemble.

La démotivation

Les signaux de démotivation sont économiques et humains. Economique d’abord, les objectifs ne sont pas atteints, l’ambiance de travail est médiocre, les projets n’avancent pas. Les signaux sont aussi humains. Des grains de sable s’installent, des tensions, des fatigues, des replis sur soi, une morosité, des portes fermées, des maladies se font plus fréquentes. Plusieurs causes sont possibles pour expliquer cet état de fait. Tout d’abord l’usure de changements répétitifs, d’organisation, de stratégie, de priorité managériale. Les équipes ont tôt fait de baisser les bras et de se placer en situation d’attendre le prochain changement. Des insuccès répétés peuvent faire douter un collectif. Des éléments destructeurs au sein de l’équipe qui « jouent perso » et ne sont pas recadrer par le management peuvent contribuer à dégrader l’ambiance. Des organisations inefficaces ou des objectifs inaccessibles génèrent du stress, du doute et parfois même du flou sur son identité professionnelle. Une cause de démotivation réside aussi dans le manque de liens entre action et rétribution perçue. Enfin les situations de plus en plus souvent  complexes nécessitent d’aller au-delà des tâches prescrites et de faire face aux événements, imprévus. Cette gestion de l’imprévu crée de l’inconfort, et parfois même place la personne en face de paradoxe du type respecter une règle ou l’enfreindre. Cette injonction paradoxale (le double bind de Bateson), rend les situations impossibles à vivre. Il ne reste plus que la fuite.

Remotiver

Remotiver une équipe passe par plusieurs étapes. Une première étape pour un manager, est d ‘écouter chaque membre de l’équipe, sans a priori, en se centrant sur l’organisation du travail de la personne, sa façon de se représenter le métier, ses projets, ses projections de carrière, ses motivations. Après cette étape de diagnostic, le manager s’intéresse à remettre à plat l’organisation, à recalibrer tâche et mission. Mettre de l’ordre rassure. Dans cette phase, le manager est directif. Il tient un cap donne confiance par la mise en place de cadre et de structure. Pour reprendre la terminologie initiale. Il agit sur le DUR ; Dans une deuxième phase, il mesure les écarts entre le système mis en place et son appropriation par les membres de l’équipe. Ces écarts font alors l’objet de formation, aux nouveaux process, aux nouveaux systèmes informatiques, à la nouvelle organisation. Ils font aussi l’objet de recadrage individuel si nécessaire. La reconstruction d’une motivation d’équipe passe par une redéfinition  des liens entre les membres. Les liens s’établissent par un travail organisé en doublon, ou en micro équipe, par l’introduction de réunions ou de groupes de travail. L’objectif est de partager en binôme, en groupe des projets et des perspectives nouvelles. Ces moments de partage doivent intégrer de la convivialité. Une réunion peut se terminer par un repas ensemble par exemple. Remotiver une équipe passe aussi par un changement de regard de l’environnement sur l’équipe démotivée. Le manager peut mettre en valeur les succès de l’équipe auprès du reste de l’organisation. Cette valorisation va permettre d’enclencher un cercle vertueux. Le sentiment de compétence va se renforcer et la motivation de l’équipe va croître. L’équipe sera perçue par les membres comme un moyen d’atteindre ses propres objectifs. Selon les niveaux de dégradation de la motivation, le processus peut prendre 3 à 6 mois.



[1] Brunel V (2004), Les managers de l’ame, La découverte, Paris

 

Pour conclure une touche d'humour ...

 

 

 

 


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