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Publié par CRISTOL DENIS

Comme souvent dans ce type d'événement, il y a ceux qui veulent en découdre et tout casser (nous les condamnons vivement) et ceux qui se souviennent du sens du 1er mai comme une grêve pour l'établissement d'une journée de 8 heures de travail. La manifestation qui eut lieu aux USA, le 1er mai 1886 impulsée notamment par des anarchistes, et rassemblant près de 340 000 travailleurs a été reprise par de nombreux pays dans le monde pour célébrer les revendications du monde du travail.

La question que l'on pose est : "en quoi faut-il un sentiment d'injustice, une bouffée de colère pour motiver des acteurs sociaux et créer de l'engagement?" Ce ressentiment est-il un motif durable d'apprentissage?

Actuellement ce qu'il est possible de ressentir d'une foule, telle que celle du 1er mai, c'est l'exaspération de l'écart perçu entre "parole publique" et "actions concrètes". Cet écart est renforcée par le fait que les vérités ne sont pas toujours bonnes à dire. La violence dans les conflits sociaux a nettement reculé depuis le XIXeme siècle, on ne tire pas sur les foules pour les disperser avec des armes de guerres. Les décès sont bien heureusement très exceptionnels, du moins en occident. Mais, en voulant atténuer les conséquences sociales, de mauvaises décisions politiques qui ont des conséquences économiques, une langue de bois s'est installée. Il semble impossible de dire publiquement que les choses vont mal, ou d'assumer une option ferme, alors de périphrase en périphrase, la langue se vide de sens et ne porte plus. L'action publique perd de sa force. Le ressentiment grandit.

Deux pistes viennent à l'esprit pour utiliser plus intelligemment ces sentiments négatifs :

- La première piste est de s'intéresser aux "capabilités humaines" décrites par Amartya Sen. Il ne s'agit plus seulement de revendiquer des droits théoriques mais de réclamer la mise à disposition de conditions réelles d'application. Plutôt que d'affirmer "on est contre", il s'agirait de proposer un projet de société et de revendiquer les moyens qui vont avec.

- La seconde est d'apprendre à recréer des conflits, c'est à dire de poser les arguments qui s'opposent, de les échanger vraiment avant de jeter des pierres, ou de provoquer de l'affrontement. C'est le projet de la communication non violente. Mettons déjà à plat ce qui nous oppose.

Ces pistes nécessitent, pour la première de réinvestir du courage d'exprimer les choses, et de les écouter et pour la seconde de travailler le sens critique, le développement personnel, l'argumentation dès les plus jeunes années d'éducation, pour préparer des citoyens au dialogue contradictoire.

Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
Qu'apprendre d'une manifestation du 1er mai?
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