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Publié par CRISTOL DENIS

 

 

 

Pierre Labasse, ancien dirigeant de la communication interne du groupe DANONE met en scène un ensemble de textes pour dresser le portrait d’Antoine Riboud. Au fil de la lecture le lecteur perçoit l’inflexion de la pensée d’un dirigeant qui a marqué l’histoire des grands patrons français. La préface de Michel Rocard souligne la dimension sociale et les avancées permises par les prises de position de ce dirigeant. Les textes retenus sont issus de lettres ou de journaux à l’attention des cadres de BSN, de discours prononcés lors de meetings du CNPF, d’interviews télévisée, ou de textes publiés dans la presse. L’organisation chronologique des 15 textes choisis par Pierre Labasse doit certainement à sa formation d’historien. Les idées mises en valeur soutiennent une vision d’un patron engagé, doté de convictions, et d’une vision sur la société. Cette vision  s’approfondit  au fur et à mesure des textes et des événements historiques. L’apport original de Pierre Labasse réside dans un éclairage et une mise en perspective des textes. A travers ces écrits apparaissent diverses facettes de la personnalité d’Antoine Riboud tel que l’homme tirant les leçons sociales de mai 1968 et comprenant l’indissociable des buts humains et économiques. Pierre Labasse emporté par la passion de son sujet force parfois  un peu le trait sur « Antoine Riboud – pionnier du développement durable », qualifiant avant l’âge des concepts qui dépasse la simple association pour la sauvegarde de l’environnement initiée en 1972. Les talents de communicant   d’Antoine Riboud ne sont pas un vain mot et l’effort permanent de dialogue avec les syndicats l’illustre parfaitement. « Avoir, être, pouvoir » sont les maître mots d’un discours prononcé à Marseille en 1972 devant les assises du CNPF. Ce discours qualifié de fondateur par l’auteur ne cessera de résonner dans la pensée d’Antoine Riboud. Les textes des années 70 reflètent l’entrée dans la crise avec les mutations structurelles liées. Les prises de position dans l’affaire Lip témoignent d’une recherche d’équilibre et du « double projet économique et social », puis d’une véritable politique sociale expérimentée au sein du groupe BSN. Cette politique trouve sa traduction concrète à travers 5 axes :

1. Adapter le niveau des effectifs aux besoins réels, réduire l’insécurité de l’emploi et minimiser les conséquences des réductions d’effectif

2. Développer des politiques salariales incitatives, cohérentes avec la situation économique et l’environnement des départements

3. Développer le potentiel et la contribution de l’encadrement et de tout le personnel conformément à ses aspirations et aux besoins de l’entreprise

4. Améliorer simultanément les conditions de travail et l’efficacité économique avec la participation du personnel

5. Développer et améliorer la communication avec le personnel et ses représentants

Les années 80 sont marquées par des recherches de productivité, mais avec Antoine Riboud, c’est toujours la « logique du et » qui l’emporte jamais celle du ou. C’est productivité et emploi, pas productivité ou emploi. Réussir la modernisation du groupe passe pour lui par une véritable négociation avec les syndicats. Il s’agit même dans l’épreuve de ne jamais laisser quelqu’un sur le bord de la route. C’est parce qu’il connaît un certain succès au sein de son groupe, qu’il est régulièrement consulté et prodigue force de conseil, de recommandations et d’avis. Tout l’ouvrage montre comment inlassablement, ce patron, entrepreneur avant tout aura lutté pour concilier la logique économique et la logique sociale.

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