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Publié par CRISTOL DENIS

La question de recherche d'un groupe d'étudiants vise à savoir si l’émergence spontanée d’un leader naturel garantit l’efficacité de l’action collective.

Le leader naturel est-il le meilleur pour l'efficacité d'un groupe ?
Le leader naturel est celui qui spontanément se distingue dans un collectif et facilite sa progression. Chaque membre du collectif exerce des actes de leadership, prend l'initiative, s'exprime par la parole ou réalise des actions. Chacun partage la possibilité d'orienter les autres. Mais, certaines initiatives semblent plus justes, plus cohérentes, sont plus facilement visualisables et atteignables et permettent au collectif de mener des réalisations allant au-delà de la juxtaposition d'efforts individuels. Selon le moment de genèse du collectif en train de devenir un groupe, les initiatives profitables portent sur les relations entre les membres, la vision ou les objectifs à atteindre, la façon de travailler ensemble, les tâches à réaliser et organiser ou encore ce à quoi il faut prêter attention ou ce qu'il faut apprendre pour dépasser un obstacle. A force d'initiatives payantes prises pour un collectif un ou plusieurs leaders se développent et finissent par avoir un crédit, une influence auprès des autres membres. Leur parole aura plus de poids dans la vie du collectif. Ils se sont constitués un crédit. Les autres leur accordent plus facilement leur confiance. Ce qui est primordial c'est leur capacité à se placer au service du collectif pour accroître son pouvoir d'agir. Chacun comprend qu'il peut dépasser son pouvoir d'agir en concédant du temps pour le collectif. L'émergence du leader se fait par coaction des membres, en agissant de concert chacun se situe par rapport aux autres et prend une place gagne l'amitié ou l'inimitié des autres. Un système relationnel s'installe caractérisant les équilibres. L'individu devenu leader naturel le reste tant que son apport est bénéfique pour tous. Il est dépendant des équilibres et de leurs évolutions. Progressivement ce qui était une collection d'individus prend conscience de ce qui les unit et se ressent comme groupe, et lorsqu'il se dote de modes de fonctionnement il se fait équipe. Un esprit d'équipe est alors perceptible dans un langage commun, des rituels et des rythmes par lesquels les membres s'accordent.

Quelles sont les caractéristiques psychologiques du leader ?

Il y a une multitude de caractéristiques personnelles et en particulier psychologiques. Des méta études s'évertuent à valoriser telle ou telle qualité l'empathie, le courage, l'authenticité, l'intelligence etc. (Cf. handbook of leadership de la HBS coordonné en 2010 par Noria et Kurhana qui en recense plus de 200) mais il y a tellement d'autres composantes que la personnalité ! La situation est au moins aussi importante que ce qui décrit un individu. Pas de leader sans situation ou questions à résoudre. Le leader est un élément de la situation. De la même façon le leader participe d'un collectif. C'est ce collectif qui lui confère une légitimité qu'il peut utiliser pour exercer une autorité. Or bien souvent le détenteur d'une autorité par exemple légale-statutaire (cf. les travaux de Weber) s'imagine leader. Il se trompe il a juste le pouvoir d'imposer ses vues mais pas d'imposer à des hommes et femmes libres de s'engager par leur propre volonté dans l'action proposée. Le leadership est une force d'attraction qui va bien au-delà de la seule coordination et contrôle des tâches. En fait il n'y a pas de leader sans suiveurs. Il faudrait plus s'intéresser aux conditions qui facilitent les multiples actes de leadership dans un groupe que de savoir quels sont les attributs personnels ou les traits de caractère d'un individu. Le leadership est comme l'électricité dans une pièce, on ne la voit pas, mais elle est partout présente. Le leadership est cette force invisible qui parcourt les groupes et ne demande qu'à luire. La littérature est souvent engluée dans la théorie du grand personnage providentiel. C'est la tradition d'une histoire personnaliste qui se perpétue dans l'idéal du héros. Un seul être est insuffisant pour accomplir des réalisations hors du commun. Il a besoin des autres, au minimum d'un auditoire. Plus encore selon la vogue des entreprises libérées, le seul ordre d'un chef est impuissant pour obtenir la collaboration dans un système complexe nécessitant plus de libre arbitre et d'engagement personnel. La question est donc celle du followership, de l'intelligence collective et des pratiques de facilitation. Qui doit maîtriser ces pratiques ? Sont-elles valables en toutes circonstances ? Comment les groupes sécrètent leur porteur d'initiative et pour le bénéfice de qui ?

Comment se forme inévitablement une hiérarchie dans un groupe sans structure ?

Les processus d'hominisation et d'humanisation font que biologiquement et culturellement, les individus portent en eux des structures mentales (croyances, représentations, instincts, préférences) qui les relient avant même qu'ils ne soient physiquement en contact. C'est leur patrimoine d'humanité commun. Les habitus sociaux et les instincts, héritages d'une socialisation et de l'histoire de l'évolution biologique des grands mammifères sont présents avant même qu'une collection d'individus puisse avoir conscience qu'elle forme un groupe. L'idée de la hiérarchie renvoie alors aussi bien à des phénomènes de dominance que l'on peut observer dans le règne du vivant comme le "pecking order" des poules qui à la force de coup de becs établissent qui accédera à la nourriture en premier, mais aussi des alliances entre primates pour s'assurer de relations sexuelles privilégiées au sein d'un groupe. Dans ces exemples les hiérarchies s'établissent par des rapports de force ou bien des unions entre membre qui s'accordent sur un objectif. La compétition pour la vie a été investiguée par Darwin dans des milieux tropicaux quant à la coopération pour la vie, elle a été observée par Kropotkine dans des climats Sibériens. Pour les groupes humains, il faut tenir compte des infrastructures et des superstructures. Il s'agit d'organisateurs sociaux qui sont pris en référence dans les groupes.

  • les infrastructures sont tous les éléments qui permettent la relation et les échanges. Il s'agit des conditions matérielles des échanges, mais également des rapports de production dans lesquels s'inscrivent les collectifs.
  • les superstructures sont ce sur quoi repose les relations, c'est un socle d'idéologies porté par des institutions (famille, religion, parti, village etc.)

Une part de ce qui va faire groupe, puis équipe et l'ensemble des processus dépend des infrastructures et des superstructures préexistant. Dans les premiers temps les individus qui veulent faire groupe consomment du temps à apprendre à fonctionner ensemble. Ils le font de façon empirique, sous l'égide d'une institution ou bien en s'appuyant sur des méthodes qui vont les aider à réguler, les tensions et les conflits, à se coordonner. Les courants holocratique ou sociocratique ont mis au point des approches de décision par consentement, ou d'élection sans candidat qui participent d'une organisation pratique d'un leadership partagé. Cette voie est en cours d'exploration elle promeut des approches favorisant une autorité librement consentie. Elle nécessite une maturité émotionnelle, une liberté intérieure, et une liberté dans la relation à l'autre.


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source pixabay

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